Les électeurs viennent d'effacer politiquement la victoire présidentielle de Sarkozy en 2007. La déroute qu'ils ont infligée à la droite est d'une ampleur historique. Nicolas Sarkozy et François Fillon n'ont désormais plus aucune légitimité pour continuer à détruire les acquis sociaux et républicains de notre pays. A commencer par leur réforme des retraites que nous combattrons dans la rue dès le 23 mars prochain.
Le gouvernement prétend que sa politique n'a pas été sanctionnée? Alors qu'il le vérifie en remettant sa majorité parlementaire en jeu par le biais d'une dissolution ! Hélas le pouvoir va tenter de se dérober au verdict populaire. Après avoir refusé d'écouter la rue, le voilà décidé à nier les urnes. Cette obstination annonce une crise politique majeure.
Le Front de Gauche va s'y préparer. Il est désormais installé dans la vie politique française. Il lui faut maintenant trouver un second souffle pour offrir un recours au pays. De ce point de vue, le résultat de la liste Front de Gauche-NPA du Limousin à ce 2ème tour (autour de 19 % contre 13 % au 1er tour) est un formidable encouragement. Il démontre la capacité mobilisatrice de l'autre gauche réunie. Il faut poursuivre dans cette voie afin de constituer au plus vite une alternative politique majoritaire à gauche. Pour ce faire, le Front de Gauche doit asseoir sa crédibilité dans les mobilisations et les urnes, en prenant d'une part toute sa place dans la bataille contre la réforme des retraites qui débute le 23 mars, en présentant d'autre part des candidatures communes dans les prochaines élections (cantonales, présidentielle et législatives), autour de plates-formes partagées proposant une autre voie pour la France.
Dimanche, 21 Mars 2010 22:51 par Jean-Luc Mélenchon
France 2 comme France 3 ont décidé de m'éliminer au dernier moment de leurs plateaux, où j'étais pourtant invité depuis plusieurs jours, à 20h sur France 2 et à partir de 20h30 sur France 3. En bloquant ainsi indumment mon agenda pour cette soirée électorale, France Télévisions m'a empêché de pouvoir m'exprimer sur d'autres médias auxquels j'avais renoncé pour être présent sur France 2 et France 3.
France télévisions n'a ainsi accueilli en plateau que l'UMP et le PS, tout le reste du paysage politique étant éliminé du débat, à l'exception de dérisoires et éphémères duplexs.
France Télévisions a pousé la grossiereté jusqu'à justifier ces plateaux dualistes en raison de la grève qui affectaient ses services. C'est une imposture. Sur le plateau de France 3, on pouvait par exemple observer la présence de 4 invités (2 PS, 2 UMP + 2 chaises vides dont celle où je devais me trouver!). Pourquoi opter pour un tel plateau, alors qu'une place aurait parfaitement pu être faite à un intervenant du Front de Gauche comme cela était prévu au départ ?
Ce nouvel incident s'ajoute à une triste succession. Après m'avoir éliminé de ses écrans pendant toute la campagne électorale jusqu'au 1er tour, et avoir annulé à 4 reprises mon invitation à sa matinale des 4 Vérités, France 2 a une nouvelle fois (la 5ème) annulé ma participation à cette matinale mercredi dernier, alors même que celle-ci m'avait été confirmée par écrit. Quant aux antennes régionales de France 3, elles avaient également éliminé les candidats du Front de Gauche de leurs débats contradictoires dans plusieurs régions, aussi bien pendant la campagne que lors des soirées électorales.
Par ces choix déplorables, France Télévisions piétine le pluralisme politique qui devrait être au coeur du travail du service public audiovisuel.
Le premier tour des régionales vient de faire sortir le pays de la trajectoire politique ouverte par l'élection présidentielle de 2007. En trois ans seulement, la participation record est devenue abstention record. La nette victoire de Sarkozy a laissé place à une désaffection historique de ses électeurs. Le surgissement du Modem s'est transformé en effondrement. Et alors que la candidate PS de 2007 cherchait l'alliance avec le Modem, les clins d'œil aux « démocrates » ont disparu des propos d'Aubry et Cohn-Bendit dès la soirée électorale de dimanche.
La nouvelle période qui s'ouvre est d'abord marquée par le retour au premier plan de la crise politique. L'assise du pouvoir est plus faible que jamais. Le rejet de sa politique s'exprime en premier lieu par l'abstention. Le vote vient seulement en second. On sait au terme de la campagne combien le vote PS a été majoritairement un vote par défaut. Le doute sur la capacité de la gauche, spécifiquement celle du PS, à gouverner autrement n'est pas réglé. Enfin, le succès du PS est aussi un contre-pied. Car ce n'est pas l'alliance prévue avec le Modem qui se réalise. C'est le retour à l'union de la gauche que ce parti décrétait dépassée. D'ailleurs c'est seulement en provoquant une triangulaire lamentable dans le Limousin que le PS qui lorgnait vers le Modem évite de se retrouver allié avec... le NPA !
Ce nouveau cycle est aussi caractérisé par une nouvelle géographie à gauche. Europe Ecologie est à la croisée des chemins. Elle n'est passée devant le PS dans aucune région. La voie de la recomposition au centre lui semble coupée. Reste son statut de deuxième force à gauche. Que va-t-elle en faire ? Une alliance privilégiée avec le PS, troquantla renonciation à un candidat à la présidentielle contre un petit volant de députés élus avec son appui ? Le recul électoral enregistré dimanche conduit de nombreux responsables Verts ou Europe Ecologie à prôner la revente rapide d'une récole électorale qui pourrait s'avérer périssable. Mais le débat est ouvert dans cet espace politique dont l'hétérogénéité s'est accrue depuis les européennes au lieu de se réduire.
Enfin, le Front de Gauche s'enracine. Nous sommes les seuls à avoir progressé en voix tout au long du cycle qui s'achève. Nous entrons donc dans le suivant en dynamique ascendante. L'adhésion est bien présente, souvent au-delà de nos électeurs. Reste à conquérir la crédibilité électorale. Celle qui nous donnerait aux yeux du plus grand nombre le statut d'un « vote utile ». C'est le déclic qui a manqué dans l'élection pour transformer notre progression en une poussée qui nous aurait permis de passer en tête. Il faut dire que nous avions la difficulté d'affronter des sortants de gauche. Europe Ecologie n'y a pas résisté alors que le Front de Gauche a tenu bon. Pour autant, le Front de Gauche n'est pas encore suffisamment fort pour se permettre des faiblesses. Ainsi chaque division du PCF a coûté cher, en Picardie, en Seine-Saint-Denis, en Pays-de-Loire... Ainsi chaque fois que nous sommes peu implantés, nous sommes emportés par le laminoir du « vote utile ».
De tout cela il faudra faire un bilan précis et détaillé. L'harassement de l'entre-deux tours ne nous en laisse pas le loisir. Le premier tour ne s'est finalement terminé que mardi dernier à 18h ! Il aura fallu batailler ferme pour obtenir que le PS respecte le vote des électeurs. Nous n'avons pas présenté des listes autonomes pour nous soumettre au « vainqueur ». Pas de rapports féodaux à gauche ! Le PG ne connaît qu'un seul maître, le suffrage universel. Lorsque nous fusionnons avec la liste de gauche arrivée en tête au premier tour, nous le respectons. Nous ne nous soumettons à personne. Nous exigeons donc que le PS respecte le vote des électeurs qui ont fixé notre poids dans la gauche rassemblée. Cette fermeté a payé puisque la fusion proportionnelle a été effective presque partout. A quelques tristes exceptions. En Picardie, le président sortant a instrumentalisé les oppositions entre communistes pro-Hue, pro-Gremetz et pro-Buffet pour nous éliminer du second tour. En Limousin, le PS provoque une triangulaire. Fort heureusement, la droite ne peut l'emporter et les électeurs de gauche pourront voter sans réserve pour la liste Front de Gauche-NPA. Ailleurs nous soutiendrons les listes de la gauche rassemblée afin de terminer le travail si bien commencé au premier tour, qui permet d'espérer que dimanche prochain un vote de gauche unitaire et sans ambigüité balaye la droite dans tout le pays.
Ces résultats sont le fruit de l’implication active des militants du Front de Gauche, plus particulierment du Parti de Gauche…
Merci beaucoup à tous les militants, comme Thierry, Chérif, Hakim, Jean-Marc, Roger, Huguette, François, Constance... qui ont fait la campagne jour et nuit, boite aux lettres par boite aux lettres, marché par marché....
Les candidats de la liste du Front de Gauche « l’Humain avant tout » conduite par André Chassaigne remercient les 68 050 électrices et électeurs qui leur ont apporté leurs suffrages.
C’est avec des exigences politiques incontournables que le Front de Gauche participe au rassemblement de toute la gauche pour battre la droite.
De l’exigence d’un service public de la formation à la lutte contre la mise en concurrence des transports ferroviaires en passant par le combat pour une agriculture diversifiée, le Front de Gauche continue de faire de la politique autrement en faisant passer l’Humain avant tout.
Le Front de Gauche appelle les habitants de l’Auvergne à voter massivement le 21 mars pour le rassemblement de la gauche pour une Auvergne juste et solidaire.