Le Parti de Gauche du Puy-de-Dome

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"nous ne voulons plus de cette Europe libérale"

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par Anne-Marie DOLY, Philosophe, 03/06/2009

Une crise, qui fait 3000 chômeurs de plus chaque jour, s'est abattue sur la France et plus encore dans les autres pays d'Europe qui n'ont pas les acquis sociaux républicains -comme les services publics, la sécurité sociale ou encore notre système de retraite -(dont Sarkozy voulait tant se débarrasser) qui servent encore de mince filet de protection..

(1) S'agitrait-il d'une simple dérégulation du système capitaliste réparable par des aides financières aux banques et aux entreprises et par une moralisation des banquiers cupides.

C'est ce que croient les libéraux de droite comme de gauche dont le 1er mot d'ordre est devenu « sauvons les banques » car c'est la seule solution utilisable sans remettre en question le système tout entier.

C'est ainsi que de l'argent public - celui des citoyens, est donné aux banques pour que, officiellement, elles puissent re-financer les entreprises, assurer les salaires et permettre la reprise de l'activité économique et de l'embauche.

Et on entend par exemple que la BNP a fait de gros bénéfices, comme s'il s'agissait de l'effet de son bon fonctionnement, alors qu'il s'agit de l'effet de l'aide publique qui a été de plusieurs milliards : ces bénéfices ne sont en réalité que «l'argent » du peuple et non celui des banquiers

Or tout se passe comme si cet argent était devenu propriété privée des banques qui vont continuer de le jouer pour multiplier leur mise (puisque pas de contrôle) et enrichir ainsi les actionnaires qui les poussent à prendre ces risques, au lieu de l'utiliser pour faire progresser les productions nationales, les salaires et l'embauche dans les entreprises.

Ces aides publiques ne font donc finalement que transférer aux citoyens les risques inconsidérés qu'ont pris les banques pour enrichir leurs actionnaires qui, eux, ne veulent plus les assumer : les citoyens n'en sortent que plus appauvris et précarisés.


Réguler ne fait qu'appauvrir ceux qui ne vivent que de leur travail et enrichir les plus riches, ceux qui peuvent bénéficier des rapports du capital : En 20 ans les salaires ont augmenté de 1 à 5 % - ce sont les plus élevés qui en ont profité-, alors que les revenus des actionnaires ont été multipliés par 15 sans que cela profite aux salariés.

  • c'est le capital, qui enrichit les riches pourtant il ne peut augmenter que grâce au travail des hommes
  • c'est cela la contradiction interne du capitalisme qui tôt ou tard fait se lever ceux qui n'ont que leur travail pour vivre.

 

(2) Quant à « moraliser » le système :

- Qu'ont fait les gouvernements après avoir critiqué haut et fort les paradis fiscaux, y compris la GB qui en un des plus importants ?

Ceux qui ont été mis en accusation officiellement - les moins importants-, ont été rayés de la liste après une simple promesse de transparence ; les autres, les plus importants, n'ont même pas été « nominés ».

- Quant à la régulation des salaires des dirigeants, et de leur parachutes dorés, un Etat libéral, opposé aux principes d'ingérence dans les gestions privées, ne peut qu'appeler à une « moralisation » qui ne coûte rien et n'engage aucune action puisque la morale qui est affaire de liberté personnelle, relative et variable, ne saurait être « publique ».

Un Etat libéral ne peut rien parce que la cupidité des banquiers et des actionnaires, n'est pas une simple dérive morale conjoncturelle :

elle est le cœur du capitalisme libéral qui fonctionne sur la recherche d'intérêts des actionnaires et non sur la recherche d'égalité et de justice sociale qui implique un équilibrage du rapport entre les revenus du capital et les revenus du travail pour pouvoir partager les richesses
Ce système capitaliste libéral a d'autres conséquences que la seule régulation ne saurait endiguer,

* la dégradation progressive de l'environnement qui n'est pas une fatalité de l'évolution des climats mais une conséquence d'une gestion capitaliste à court terme des ressources.des évolutions en France au nom de l'harmonisation avec l'Europe libérale et dans l'europe :

* la privatisation des services publics : la sécurité sociale et le système des retraites ; les entreprises de transports et de communications ; le gaz et l'électricité
* la Libéralisation des hôpitaux et de l'école publique qui se voient imposer la logique managériale d'une gestion purement comptable oublieuse de leur mission d'intérêt général

  • La libéralisation des universités et de la recherche, qui, sous couvert d'autonomie et d'harmonisation européenne, vont se trouver livrées à la seule logique gestionnaire et concurrencielle


le Renoncement progressif au principe juridique et politique de la laïcité au profit du principe moral de tolérance qui , sous couvert de d'ouverture au pluralisme et d'alignement sur l'Europe, ¡ livre l'espace public au communautarisme et aux exigences religieuses qui remettent en cause les droits égaux entre hommes et femmes et les droits acquis de femmes en matière de mariage et de divorce, de contraception et d'avortement.

* vise à utiliser l'argent public pour financer les cultes ;
* vise à mettre fin au monopôle de l'Etat en matière de formation et de diplômes universitaires


Les citoyens en lutte ici comme dans toute l'Europe pour défendre les emplois, ont compris tout cela : Ils ont compris que le replâtrage ne pouvait suffire à résorber la crise qui est une crise de système et que c'est un autre monde qu'il faut penser et construire

Cette élection est donc importante à un double titre :

* pour redire le Non de 2005 à l'Europe libérale que le traité de Lisbonne réaffirme en refusant « toute restriction aux mouvements des capitaux entre les Etats membres » : le parlement européen est un lieu de décision majeures pour la vie réelle des citoyens et pour envisager des solutions à la crise économique mondiale les députés
* pour dire Non à la politique libérale de Sarkozy qui s'appuie largement sur l'exigence d'harmonisation européenne pour défendre ses orientations libérales

c'est la 1ère élection depuis celle du président de la R : en votant contre la droite et contre la gauche devenue libérale, les citoyens disent non à la politique libérale de Sarko : cela va compter pour la suite de la vie politique

Nous voulons une europe :


* une Europe démocratique, par une refondation républicaine et démocratique pour en finir avec la toute puissance de la commission européenne et le rôle subordonné du parlement.
* une Europe féministe par une harmonisation des droits des F par le haut
* une Europe laïque qui refuse le glissement libéral de la société vers la tolérance de type anglo-saxon et la privatisation de l'espace public par des groupes religieux et communautaires, afin de garantir une vraie vie en commun avec toutes nos particularités et différences sans qu'aucune ne prenne le pouvoir sur les autres.
* une Europe sociale pour laquelle nous proposons des mesures immédiates:
* une augmentation immédiate des salaires et un salaire minimum interprofessionnel dans tous les pays européens (qui ne soit pas à 60% du revenu médiant comme le propose le PS ce qui revient à diminuer le SMIC !).
* un droit de véto des comités d'entreprise européens pour faire cesser les licenciements
* un refus du dumping social et des délocalisations avec instauration d'un bouclier douanier européen
* un arrêt immédiat de la libéralisation des secteurs vitaux comme la poste, le rail, l'énergie, les hôpitaux, l'école et l'université, et leur mise en concurrence pour jeter les basses de services publics européens qui sont les vrais moyens de réductions des inégalités
* créer un pôle public et financier pour mettre fin à l'indépendance des banques à commencer par la BCE, pour que l'Etat opère un contrôle et retrouve la maîtrise des missions de l'argent au profit de l'intérêt général.
* une Europe écologique qui ouvre un avenir humain vivable pour nos enfants
* une Europe de la paix et du désarmement qui ne veut pas redevenir valet de l'OTAN qui abandonne l'indépendance de la défense européenne au profit des USA et ne fait que partager le monde en camps opposés.


Nous avons cette fois un outil nouveau, d'une forme inédite à gauche et que bcp attendaient, = c'est le Front de Gauche

qui rassemble la gauche sur de vrais principes socialistes de liberté, de justice et d'égalité sans exiger de chacun des partis unis qu'ils renient leurs principes, et pour refuser un traité qui est la négation de ces principes.

il fallait un outil nouveau pour affronter le capitalisme libéral que l'on ne peut se contenter de « refonder » (Sarko) puisque c'est lui qui est à l'origine de la crise et des injustices sociales

mais l'affronter par les urnes çàd par la mobilisation et la volonté éclairée des citoyens souverains, comme le veut la république.

Le Front de gauche s'est uni pour dire haut et fort :

* que le libéralisme n'est pas un humanisme et le capitalisme n'est pas un moyen de progrès pour tous mais un système d'exploitation d'une classe d'hommes par une autre, qui porte en lui ses propres contradictions qui ne sont que promesses de crise, de chômage et d'aliénation

* que nous ne voulons plus de cette Europe libérale qui ne sait promettre la libre circulation des personnes qu'au prix de leur marchandisation, du chômage et de la destruction de l'environnement.

Je vous engage à venir nombreux le dire avec nous dans les urnes

 

 

 

 

 


 

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